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VISIONARY INSIGHTS

Valeur psychologique et économique des vues : ce qu’en dit la recherche… et la twittosphère !

Eloïse Sok-Paupardin
16 Avril 2019

L’an dernier, j’ai eu la chance de partir en voyages de noces à Hong-Kong, à la quête d’exotisme et de gastronomie. Parmi les plaisirs un peu plus coûteux que mon mari et moi nous étions accordés pour l’occasion : pouvoir admirer la baie de Hong-Kong dont on nous avait tant vanté la beauté, que ce soit depuis la baignoire de notre chambre d’hôtel ou depuis le dernier étage de grands palaces autour de savoureux mets cantonais. Nous n’aurions en effet probablement pas payé le même prix pour la chambre ou les bouchées vapeurs en ayant eu pour seule vue des murs, même décorés d’œuvres de grands maîtres de la dynastie Qing. Mais « on ne se marie qu’une fois » nous avait-on dit…

Vue sur la baie de Hong-Kong depuis l’un des restaurant les plus en vogue de l’île

Les vues ont une réelle valeur économique 

Vous l’avez certainement déjà constaté vous-même : la valeur d’un bien immobilier, le prix d’une chambre d’hôtel, la renommée d’un restaurant, peuvent être fortement conditionnés par la vue. Des vues sur les montagnes enneigées des Alpes, sur la baie d’Ha-Long ou de Hong-Kong, sur la skyline de New York etc. sont effectivement très convoitées et se paient donc généralement au prix fort.  Une étude1 faite sur des propriétés situées sur le bord de la côte britannique a par exemple indiqué que les biens avec vues sur la mer se vendaient à un prix plus élevé de 47% à 82% ! 

Vue sur le lac de Neuchâtel depuis le bar de l’Hôtel Best Western Premier Beaulac en Suisse

Une analyse menée en 2005 aux Etats-Unis2 a confirmé l’idée que les vues avaient une valeur économique, sur la base de données d’hôtels, d’espaces résidentiels et de bâtiments de bureaux localisés dans plusieurs villes. Dans cette étude, la vue était en particulier déterminante sur le prix des bâtiments résidentiels et bureaux. Dans les hôtels, l’occupation étant plus temporaire, et le prix aussi déterminé par le type de chambre et l’offre de services, l’impact de la vue était moins significatif.

Cela dit, une étude plus récente de Human Spacescentrée sur le secteur de l’hôtellerie a révélé une réelle corrélation positive entre le prix des chambres et la vue, sur la base d’une analyse statistique de données du site Hotels.com. En moyenne : un premium de 11% à 18% est appliqué sur le prix des chambres avec une vue sur la mer et plus généralement sur la nature.

Les chambres avec une vue vers la mer ou la nature sont en moyenne 11% à 18% plus chères
(source: Human Spaces 2.0: Biophilic Design in Hospitality)

Des fenêtres pour profiter des vues… mais souvent obstruées ! 

Pour pouvoir profiter de ces vues depuis l’intérieur de nos bâtiments, rien de tel que de grandes baies vitrées. Mais qui dit grandes baies vitrées dit aussi sources potentielles de chaleur excessive, d’éblouissement et donc d’inconfort. Le réflexe général : baisser nos stores, mais adieu alors les jolies vues (et la lumière naturelle) !  

Une étude4 conduite sur 55 bâtiments à New York a en effet montré qu’en moyenne 75% des bâtiments avaient leurs stores baissés sur plus de la moitié de la surface des fenêtres, peu importe l’orientation, l’heure de la journée, et le type de bâtiment (résidentiel ou bureau). Une autre étudesimilaire conduite en Suisse a observé les mêmes tendances.

Les stores couvrent en moyenne 59% de la surface des fenêtres et 75% des bâtiments analysés ont leurs stores baissés sur plus de la moitié de la surface de leur fenêtres
(source: Seduced by the View, Urban Green Council, 2013)

Les stores couvrent en moyenne 57% de la surface des fenêtres quelle que soit la saison et l’orientation
(source: Global Lighting Performance, Estia, 2015)

Aujourd’hui, il existe des systèmes de contrôle automatisés permettant d’optimiser l’activation des stores en fonction des conditions météorologiques. Cependant le problème demeure le même une fois les stores baissés : l’accès aux vues s’en trouve fortement détérioré. Qu’il s’agisse de stores toiles ou vénitiens même les plus « performants », le résultat est incomparable par rapport aux vues à travers une fenêtre dégagée. Insatisfaction, inconfort, frustration… tels sont les sentiments que peuvent ressentir les usagers privés de leur vue, comme en témoignent certains membres de la twittosphère : 

Qui accepterait alors de payer le prix fort pour au final ne pas bénéficier de ce pour quoi il avait payé ?

Fort heureusement, de nouvelles solutions à l’instar des vitrages dynamiques existent aujourd’hui pour garantir un accès continu aux vues vers l’extérieur, sans pour autant impacter négativement le confort des usagers ni les consommations énergétiques du bâtiment. De quoi permettre aux promoteurs, propriétaires et commerçants de justifier la valeur de leurs biens et prestations, tout en continuant de fidéliser et d’attirer plus de clients.  

Les vitrages dynamiques permettent de contrôler la lumière naturelle et les apports de chaleur, tout en maintenant les vues sur la Skyline de Los Angeles depuis le restaurant 71 Above.

Eloise Sok

 
Eloïse Sok-Paupardin est Concept Creator au sein de l'équipe SageGlass Europe & Middle-East. Elle est titulaire d'un double diplôme d'ingénieur de l'Ecole Centrale (France) et de l'Université de Tsinghua (Chine). Ses principaux centres d'intérêt sont l'architecture durable, l'éclairage naturel et le confort des occupants. Sa devise : "La passion est notre plus grande force".

 

 


1www.bbc.com/news/business-23255452

2 J. Kim, J. Wineman, Are Windows and Views Really Better? A Quantitative Analysis of the Economic and Psychological Value of Views, 2005

3 Human Spaces 2.0: Biophilic Design in Hospitality

4 Seduced by the View, Urban Green Council Report, 2013

5 Global Lighting Performance, Estia, 2015

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